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Présentation de la Méditation

0 Yang Sheng - Nourrir la Vie transp.ombr

 

La Méditation 




La méditation est une pratique d'entraînement de l'esprit dont les multiples finalités diffèrent en fonction du but poursuivi par le pratiquant.

Il existe aujourd'hui en Occident trois approches principales de la méditation :

  • une approche dite "matérialiste" et laïque représentée par le courant moderne nord-américain dit de "Pleine Conscience".
  • une approche dite "spirituelle", quant à elle beaucoup plus étroitement reliée aux lignées des grandes traditions extrême-orientales (bouddhisme zen, bouddhisme tibétain, bouddhisme théravadin, hindouisme, taoïsme, etc.).
  • une approche dite "religieuse" visant à l'Éveil de la Conscience Pure ou "Béatitude"


L'approche matérialiste et laïque : la Pleine Conscience (Mindfulness)

L'approche la plus connue du grand public occidental, et de loin la plus pratiquée par les personnes débutants dans la méditation, est celle dite de la méditation de  "Pleine Conscience".

De création récente et occidentale, cette approche est qualifiée par son concepteur même "d'anxiolitique naturel" dont la finalité immédiate est la quête d'un certain bien-être ou mieux-être susceptible d'aider ses pratiquants à mieux supporter le stress et ses conséquences multiples sur leur santé physique et mentale (irritabilité, colère, hyperactivité, impatience, anxiété, angoisse, manque de confiance, dépression, douleur, etc.). 

Bien qu'elle revendique un enseignement laïque, sans lien direct avec une quelconque forme de religion, il importe de préciser que la "Pleine Conscience" puise toutefois ses origines au cœur même des pratiques ancestrales bouddhistes 
et hindouistes. De l'anglo-américain Mindfulness, la "Pleine Conscience" est un terme qui fut emprunté au lexique indo-bouddhique de langue sanskrite et pali Sati, qui signifie littéralement "Pleine Attention" ou "Pleine Présence" ou mieux encore "Présence Attentive". Elle est un type de méditation élaboré en 1979 par Jon Kabat-Zinn, docteur en biologie moléculaire du fameux M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology) et développé à travers un programme spécifique de réduction du stress (MBSR, Mindfulness Based on Stress Reduction). Plus récemment encore, en 2000, les chercheurs américains Zindel Segal, John Teasdale et Mark Williams élaborèrent à leur tout sur le modèle de Kabat-Zinn un programme axé sur la prévention des rechutes de dépressions (MBCT, Mindfulness Based on Cognitive Therapy).


Le travail de la méditation de "Pleine Conscience" consiste ainsi à développer les qualités d'attention de l'esprit (Sati) afin que celui-ci se recentre le plus souvent possible sur le moment présent, tel qu'il est (agréable ou désagréable), sans chercher à le fuir dans les distractions ou l'action exacerbée ni à s'y attacher inconsidérément. Il s'agit alors d'observer et d'accueillir ce qui se joue en nous (corps, pensées, sensations, émotions) et autour de nous (formes, bruits, odeurs, etc.) de manière nue et directe, instant après instant, en veillant à ne pas porter de jugement de valeur (bien, mauvais, trop, pas assez, etc.) sur ce qui est perçu.

L'approche spirituelle ou "Pleine Conscience Bienveillante"


Mais si la gestion du stress et de la dépression - le plus souvent liés à notre mode de vie moderne - était l'unique raison d'être de la méditation, alors pourquoi l'humanité médite-t-elle depuis la nuit des temps ? Le 
Bouddha Gautama Sakyamuni (VIᵉ siècle av. J.-C.), Laozi (VIᵉ siècle av. J.-C.), Parménide (VI siècle av. J.-C.), Socrate (V siècle av. J.-C.), Zhuangzi (IV siècle av. J.-C.), Marc Aurèle (IIᵉ siècle), Mahavatar Babaji (IIIᵉ siècle), Saint Augustin (IVᵉ siècle), Hildegarde de Bingen (1098-1179) Ibn Arabi (1165-1240), Saint François d'Assise (1182-1226), Rumi (1207-1273), Baal Shem Tov (1698-1760), etc. étaient-ils stressés ou dépressifs ? Plus près de nous encore, les grands maîtres de sagesse comme Rabindranath Tagore (1861-1941), Mahatma Gandhi (1869-1948), Ramana Maharshi (1879-1950), Jiddu Krishnamurti (1895-1986), Ma Ananda Mayi (1896-1982), Thich Nhat HanhEckhart Tollé, Tenzin Namdak Rimpoché ou le Dalaï Lama ont-ils médité toute leur vie durant pour simplement lutter contre la dépression, l'anxiété ou le stress oxydatif ? 
La réponse est bien sûr : non ! 

 

Développer les qualités d'attention de l'esprit (Sati) afin d'être plus conscient, plus attentif, plus présent à ce que nous vivons en nous et autour de nous est une excellente chose. Les neurosciences ont démontré depuis de nombreuses années que cette approche permettait en effet une meilleure gestion des émotions, une plus grande conscience de nos modes de fonctionnement erronés et délétères qui sont le plus souvent à l'origine de nos souffrances physiques et mentales. Mais, s'il est une chose d'apprendre à cultiver notre faculté d'attention, il en est une autre de cultiver les qualités humaines fondamentales qui permettent d'éradiquer toutes formes de souffrances, physiques et mentales. Autrement dit, il est une chose de chercher à éradiquer les mauvaises herbes du jardin de l'esprit, mais il en est une autre de chercher à cultiver les bonnes graines qui permettront de faire croître les plantes qui empêcheront la prolifération des mauvaises herbes. Passer la tondeuse sur le chiendent n'a jamais empêché sa repousse !

Mais à quoi bon développer un esprit attentif, focalisé et acéré s'il doit servir à faire le mal ? Si un chef d'entreprise s'adonne à la méditation de Pleine Conscience pour accroître ses facultés d'attention pour mieux contrôler et exploiter ses employés, nous sommes alors à l'opposé de la raison d'être de la pratique. Si un sniper pratique la Pleine Conscience dans l'unique but d'être un tueur plus efficace, plus concentré, alors c'est qu'il n'a absolument rien compris à la pratique et au véritable but qu'elle sert : faire de nous de meilleurs êtres humains, plus altruistes, plus bienveillants, moins arrogants et moins égoïstes. La "Pleine Conscience" n'a de raison d'être que si elle sert le bien, que si elle œuvre à éradiquer la souffrance et à favoriser le bonheur, pas seulement le nôtre mais aussi celui d'autrui. Voilà pourquoi nous devons parler de "Pleine Conscience Bienveillante".

2500 ans de sciences contemplatives et plusieurs décennies d'études et d'expériences en matière de neurosciences ont clairement apporté la preuve que le développement de qualités humaines essentielles comme l'amour bienveillant et inconditionnel, la compassion, la joie altruiste, l'équanimité, la bonté, la générosité, la gentillesse, le respect, la tolérance, l'acceptation, l'ouverture, etc. favorisent grandement la cessation de la souffrance, quelle que soit sa nature. Telle est la véritable raison d'être de la méditation : le développement de la bienveillance
Or, la plupart des Occidentaux confond malheureusement "spiritualité" et "religion", pensant qu'une démarche spirituelle implique nécessairement l'appartenance à une tradition religieuse. Mais il s'agit là d'une très grande méprise. En effet, nul besoin d'appartenir à une quelconque communauté religieuse pour développer des qualités humaines comme la bienveillance, la compassion, la bonté, la confiance en soi, etc.

Ainsi, cultiver ces qualités fondamentales de l'être contribuent à faire de nous de meilleurs être humains, de meilleurs parents, de meilleurs amis, de meilleurs collaborateurs, etc. pour notre propre bien autant que pour le bien du plus grand nombre. Ainsi, tout le monde y est gagnant ! Comment ne pas comprendre cela ?

 

L'approche religieuse


Cette approche de la méditation est en quelque sorte un approfondissement de l'approche spirituelle. La différence majeure s'appuie sur la croyance selon laquelle le développement des qualités naturelles fondamentales de l'esprit permettrait une élévation de la conscience jusqu'à un état dit de "Conscience Pure" ou "Béatitude" permettant l'entrée et la reliance à un plan supérieur ou "plan divin" indifféremment appelé Nirvana chez les Bouddhistes, Brahman chez les hindouistes, Tao chez les taoïstes, Dieu chez les chrétiens, les juifs, les musulmans, etc.

Alors que l'approche spirituelle vise à développer les qualités humaines fondamentales au cours d'une vie terrestre, l'approche religieuse de la méditation s'appuie sur la croyance selon laquelle ces qualités seraient perpétuées par-delà la mort du corps physique. En effet, selon la plupart des religions l'esprit des êtres vivants survivrait à leur enveloppe matérielle qui les aurait un temps hébergé. Ainsi, les qualités et les défauts développés toute une vie durant se transmettraient d'incarnation en incarnation selon la loi naturelle de cause à effet, encore appelée loi du karma.

Les techniques méditatives à visée religieuse ont ainsi pour fonction de purger le karma de l'ensemble des causes et des conditions qui sont à l'origine de la souffrance afin d'arrêter le cycle des morts et des renaissances (Samsara) et d'aboutir à un état de "Pure Conscience", un état de béatitude absolue de l'esprit (Nirvana) dépourvu de toute forme de souffrances.



L'homme a été créé pour être l'œil éveillé et le cœur battant de l'univers vivant[...]
Il convient alors de cesser de raisonner pour commencer à résonner (avec le subtil).
La résonance fait entendre une mélodie supérieure à celle de la raison.

                                                 François Cheng (de l'Académie Française) (1922-)